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MOUSTAPHA DIOP, DIRECTEUR DE LA TELE FUTURS MEDIAS : "POURQUOI TFM FAIT SI PEUR"

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MOUSTAPHA DIOP, DIRECTEUR DE LA TELE FUTURS MEDIAS : "POURQUOI TFM FAIT SI PEUR"
Depuis le lancement officiel de la Télévision Futurs Médias (Tfm), les commentaires, critiques et manœuvres fusent de partout. Il ne se passe pas un seul jour, sans qu’on ne parle de la dernière-née des télévisions privées sénégalaises. Moustapha Diop, directeur de la Télévision Futurs Médias, essaie d’expliquer cet engouement alors que la chaîne des Almadies n’a même pas réellement commencé à dérouler ses programmes. Ce qui sera effectif le 11 octobre prochain. Celui à qui Youssou Ndour a confié les rênes de Tfm, évoque dans cet entretien exclusif, la concurrence, le programme qui va être déroulé, l’équipe qui va être chargée de le mettre en œuvre, les objectifs à atteindre à court terme. Moustapha Diop décortique aussi le paysage médiatique sénégalais. Non sans jeter quelques piques. En toute liberté…

Cela fait juste 1 mois que Tfm a été lancée. Un mois que vous êtes à la tâche. Est-ce qu’on peut savoir où vous en êtes avec la Tfm ?

Effectivement. Disons que nous sommes rudement à la tâche. Un peu plus auparavant, nous avions déjà commencé. Mais, depuis un mois, on y est sans répit, même les samedis et les dimanches, pour arriver à un certain résultat. Je peux vous l’assurer, nous bossons et vous le verrez bientôt.

Concrètement est-ce qu’on peut savoir ce que vous êtes en train de faire sur le plan technique, dans le domaine de la programmation, des ressources humaines etc. ?

A la date du 1er septembre, Youssou Ndour et Me Diop avaient déjà décliné le noyau dur. Tout est donc en place. Les départements ont été fournis. Par exemple, Alassane Samba Diop avait été annoncé comme Directeur de la rédaction. Les reporters qu’il faut ont été mis à sa disposition. Pour l’instant, il a une rédaction forte d’une vingtaine de journalistes- reporters. En tenant compte de la parité avec une présence d’hommes et de femmes. Sur le plan technique, le problème fondamental qu’il y a, c’est que si j’étais à la place de Youssou, j’aurais dit que les tests démarrent entre septembre et octobre, au plus tard fin novembre pour nous permettre de mettre en place les programmes correctement. Mais, je pense que l’attente des populations a fait qu’il a voulu qu’on démarre tout de suite. Mais c’est quand même de la télévision. On met les programmes en place un à un jusqu’à avoir une bonne ligne pour ensuite proposer cela à l’antenne. Mais je peux, aujourd’hui, vous dire qu’on est en train d’y travailler très sérieusement.

Si on comprend bien, vous êtes actuellement dans une phase-test ? Non ?

 Vous savez, je ne peux pas dire qu’on est tout à fait prêt. Mais pour ce qui se fait au Sénégal, on a de bons arguments pour démarrer la chaîne très prochainement. Au niveau du contenu, en tout cas. On aurait voulu démarrer dans de meilleures conditions. Mais la patience qui avait été accordée aux autres chaînes de télé privées ne sera pas la même dans le cas de Tfm. Parce que Tfm est une télévision qui a quand même une histoire, qui a suscité l’engouement despopulations, qui a même suscité l’implication des populations avec la signature de pétitions, pour enfin arriver à avoir l’autorisation de la fréquence, qui nous a été octroyée le 11 mai dernier. C’est normal que les populations aient un peu plus d’exigence et qu’on ait plus de pression que les autres chaînes de télévision. On fera donc tout pour leur donner un programme qui puisse les satisfaire, au mieux. Je vais me répéter, mais nous travaillons sans bruit.

Vous venez de vous installer, Tfm vient juste de naître. Comment vous expliquez-vous toute cette clameur qu’il y a autour de la télé ? On a noté beaucoup d’attaques venant de l’extérieur et même des critiques formulées à l’interne. Tout cela doit vous faire peur, non ?

Mais, c’est parce que Tfm intéresse. Tfm est une chaîne qui a une histoire originale, en tout cas par rapport au paysage sénégalais, parce que tout le monde est au courant de la gymnastique qu’il y a eu entre Youssou et les autorités. Donc ça, c’est un premier facteur. Le deuxième facteur reste que Tfm subit par moments le préjudice de l’image de Youssou sur Tfm. Parce que c’est Youssou Ndour, une des personnes les plus influentes au Sénégal qui met en place un média, une chaîne de télévision. Il ne laisse pas indifférent. La pression est là.

Cela constitue-t-il un avantage ou un handicap ?

Ça peut être un avantage. D’un autre côté, ça peut être un préjudice pour la bonne et simple raison que c’est l’image de Youssou, qui est très forte, qui plane un peu partout au Sénégal, en tout cas dans les médias. Si c’était la télé d’un Sénégalais lambda, je suis sûr qu’il n’y aurait pas cette pression. Mais c’est parce que c’est la télévision de Youssou Ndour. Si c’était une chaîne de télévision octroyée sans problème, on n’aurait pas eu ces problèmes-là. Mais du point de vue des autres chaînes de télévision, au niveau des médias en général, Tfm fait peur.

Tfm fait peur à Walf Tv, à la 2STv, à la Rts ? A qui Tfm fait-elle peur exactement ?

En tout cas, quand Tfm fait peur ce n’est pas à une radio ou à un journal. Tfm fait peur aux autres chaînes de télévision.

Pour quelle raison, à votre avis ?


Mais c’est parce que Youssou Ndour, au niveau des médias, est quand même bien entouré. Aujourd’hui, l’Obs est le premier journal, le journal le plus vendu au Sénégal. La radio la plus écoutée au Sénégal reste la Rfm. Si Youssou Ndour lance une chaîne de télévision, elle ne sera sûrement pas la brebis galeuse des chaînes de télé. Vous comprenez ! Il faudrait donc qu’on arrive, à moins terme, à être la première chaîne de télévision au Sénégal. Donc forcément, les autres se disent, voilà le journal qui n’était pas le premier venu qui a pris la première place. La radio n’était pas non plus la première venue, mais après elle a pris la première place. Maintenant que c’est la télé, il faut qu’on lui barre la route tout de suite. Sinon, elle va faire des ravages. De toute façon, dans un esprit très serein, je considère aujourd’hui que toutes les autres chaînes de télévision sont des chaînes concurrentes. Par contre, on peut avoir une concurrence dans un bon esprit. Une concurrence très saine. Parce que toutes ces chaînes de télévision, y compris d’ailleurs la Rts, sont des chaînes de télévision commerciales. La Rts a besoin de récupérer les bons événements, de bien les vendre, pour pouvoir couvrir ses charges de fonctionnement. Aujourd’hui, on n’est pas dans une configuration où l’Etat dit à la Rts : «Retirez-vous de la publicité, on vous finance pour être la vraie chaîne qui est l’image du Sénégal.» Rts est dans la jungle comme toutes les autres chaînes de télévision, elle est obligée de se battre commercialement pour pouvoir couvrir ses charges. C’est valable pour Walfadjri, c’est valable pour 2STv, pour Canal Info ainsi que pour Rdv. Donc nous sommes toutes des chaînes de télévision commerciales. On va se battre sur le terrain mais loyalement, légalement et dans un esprit très saint. Je ne peux pas dire que je considère les autres chaînes de télévision seulement comme des partenaires, consœurs, qu’on va toujours travailler ensemble. Chacun essayera de tirer au maximum de tout ce qui se passe au Sénégal.

On a lu les déclarations de Bécaye Mbaye dans la presse, il y a aussi eu Kouthia toujours sur le même support. Ne craignez-vous pas que ça aille dans tous les sens ?

 Il y a eu des étapes qui nous remontent au niveau interne. C’est quand même dommage qu’il y ait eu des attaques venues de l’intérieur. Je ne veux pas trop me prononcer sur l’attaque de Koutia, car on a fait le tour de la question au niveau interne. Ça, c’est dommage. Quant aux attaques de Bécaye, quand un média très prisée comme la télévision vient de naître dans un environnement où il y a d’autres, c’est le «Mercato». Au point de vue technique et au point de vue de la présentation. Même chez les caméramen, les preneurs de son etc., il y a la loi de l’offre et de la demande. Il y a beaucoup de chaînes qui ont cherché à se réorganiser, et se stabiliser à l’interne, il y a même des augmentations de salaires dans certaines télévisions. Tout ça, c’est l’effet de la naissance de Tfm. Qu’on nous prenne des éléments de Tfm pour les amener ailleurs, ou qu’on prenne des éléments des autres chaînes pour les amener ailleurs, c’est logique. Du point de vue des attaques, j’avoue que je ne lis pas beaucoup la presse. Surtout quand il y a des attaques comme ça. Sur l’affaire Bécaye, ce dont je suis sûr, c’est qu’il y a des négociations entre Bécaye et les administrateurs du groupe Futurs Médias. Je sais aussi que les propositions ne sont pas allées jusque-là où Bécaye a dit. Mais il y a quand même eu des négociations. Qu’il ait dit avoir eu une proposition de cinq millions, avec proposition d’achat de voiture, c’est pour moi l’effet du Mercato, version sénégalaise. Il a le droit d’espérer beaucoup, même si en retour on lui donne très peu. Maintenant, c’est à nous, à l’interne, d’être vigilants. De bien gérer nos agents, d’avoir une politique au niveau de la gestion des ressources humaines, assez bonne pour pouvoir tout stabiliser. La preuve, tout est en train d’aller correctement. Aujourd’hui, il paraîtrait qu’on ait cherché à prendre l’équipe de «Kinkéliba» (Ndlr, de la Rts), moi je ne suis pas au courant. On ne peut pas aller parler aux gens de Kinkéliba, sans que je ne sois au courant. C’est normal que les agents augmentent les enchères dans leur propre structure. Disant que Tfm nous a contactés. C’est aux patrons de faire attention à tout ça. Aujourd’hui, le problème ne se pose pas au niveau de Tfm. Il y a une certaine stabilité, parce qu’on pense que nous avons mis nos techniciens et autres dans un minimum de conditions correctes. Qui signifie que quelqu’un d’autre ne peut pas venir prendre nos éléments. C’est aussi les enjeux cachés…

Est-il vrai que vous avez des salaires faramineux ?

En tout cas moi, je n’en bénéficie pas encore. Pour l’instant, il n’y a pas de salaire faramineux. Ce qu’il faut dire, c’est qu’il n’y a pas de grosses pompes financières derrière Tfm. C’est un Sénégalais : Youssou Ndour qui s’est débrouillé pour avoir tout cela.

C’est quand même plus d’un milliard d’investissement…

C’est un investissement de plus d’un milliard, mais un milliard, c’est quoi pour quelqu’un comme Youssou Ndour. Pour moi, un milliard représente un problème au niveau de la banque. Mais pour quelqu’un comme Youssou Ndour, un ou dix milliards, ce n’est rien du tout. Et les banques sont là pour financer. S’il met un bon business plan devant la banque pour leur dire qu’il peut avoir un chiffre d’affaires d’un à deux milliards par an, les banques ne vont pas s’amuser à ne pas le financer. Car, elles existent grâce aux financements. Elles existent parce qu’il y a des placements. Même si Youssou Ndour avait mis dix milliards sur la Tfm, c’est quelque chose qui est rentable. D’ailleurs, sa crédibilité vaut plus que dix milliards. Aujourd’hui, Tfm est une histoire qui marche.

Parlons programme et contenus. Est-ce qu’on peut avoir une idée sur les produits-phares que vous allez proposer aux Sénégalais ainsi que les délais de réalisation ?

Nous sommes en train de travailler sur sept lignes du programme. Nous avons le programme Déguène. Parce que l’objectif que s’est fixé Youssou à travers cette chaîne, c’est de pouvoir éduquer et divertir les Sénégalais. Le premier programme-phare qui va refléter l’image de la chaîne, c’est avec Déguène Chimère, Ndiaye Lô Ndiaye et Zeyna. Ce sont trois personnes qui vont aborder des thèmes de société. Entre 11 heures et 13 heures. Ce magazine va être entrecoupé d’un télénovéla. Après ça, il y a le programme Jeunesse qui n’est pas mis de côté. Parce que nous allons mettre des dessins animés très éducatifs. Il y a aussi des programmes musicaux, des magazines. Bref, il faut savoir que nous sommes une télévision culturelle. Avec un cahier de charges très précis. Ce qui nous est interdit, c’est un bulletin d’informations. Tout le reste nous est permis. Donc, que les gens se donnent rendez-vous sur la Tfm, parce que des débats culturels il y en aura, de même que des débats politiques. Pour permettre aux Sénégalais d’avoir de grands rendez-vous avec ce qui se passe au Sénégal, nous avons deux magazines. Il y a «L’incontournable» qui est présenté par Mamoudou Ibra Kane. Il y a «Li ci penc mii» qui est présenté par El Hadji Assane. Mais nous n’allons pas tout dire, nous laissons aux téléspectateurs le soin de découvrir…

Il y a aussi le «Kouthia show», non ?

 Oui, ça va être un programme très fort que nous allons aussi démarrer. En dehors de «Koutia Show», il y a tout ce qui est dramatique. Car, il faut dire que Youssou Ndour s’est donné comme objectif que la télé reflète au maximum le Sénégal. Que Tfm soit le miroir du Sénégal. Que quelqu’un qui regarde la Tfm puisse, en une journée, comprendre un peu ce qui se passe au Sénégal. On va essayer de mettre cela en images. Il y a aussi la partie sportive, sur laquelle nous sommes très ambitieux. Parce que nous ambitionnons de faire du sport tous les jours. Du lundi au dimanche, à 21 heures, il y a une émission sportive. Le reste, ce sont les acquisitions directes, sur les séries, sur les dramatiques, les films et documentaires. Maintenant, quand on parle de délai, il avait été question pour la dernière fois de démarrer le 1er septembre. Mais à partir du 4 octobre, on va communiquer sur tous nos supports et même des supports hors du groupe pour faire comprendre aux téléspectateurs ce qu’ils sont en droit d’attendre sur Tfm. Donc on va communiquer, mettre les bandes-annonces, expliquer les concepts, et démarrer le tout au plus tard le 11 octobre. Ce sera cinq mois après la licence, cinq semaines après le lancement. Ce sera de 10 heures à 2 heures du matin, non stop, à partir de la première semaine. Ensuite, ce sera 7 heures - 2 heures du matin. Là où la plupart des chaînes qui ont démarré au Sénégal ont démarré des programmes, 18 heures - Minuit…

Mais on a envie de vous demander si vous êtes réellement prêts sur le plan technique. On a l’impression que la télé ne sera regardée qu’à Dakar ? Sur le plan technique, nous sommes prêts. La quantité de travail qu’on aura, en démarrant que sur Dakar, sera la même quantité de travail quand on aura l’autorisation de diffuser dans toutes les régions. Parce que c’est juste le signal qui va évoluer à Thiès, Kaolack, Ziguinchor, Tambacounda, etc. Donc techniquement, le travail est le même. Ce qu’il faut, c’est qu’on ait les fréquences dans les régions. C’est dommage. Parce que dans le cahier des charges, il est précisé que nous avons obligation de couvrir tout le territoire. Parce qu’on ne nous a pas donné une autorisation de faire une télévision dakaroise. On nous a donné une autorisation pour faire une télévision nationale. Malheureusement, on nous donne juste la fréquence locale.

Qu’est-ce qu’il reste donc à faire pour permettre à Tfm d’être suivie sur l’ensemble du territoire national ? Toutes les procédures ont été déclenchées. Aujourd’hui, il y a des télévisions, existant au niveau local, qui ne couvre pas encore le territoire national faute d’avoir des fréquences sur les autres régions. Nous sommes en train de nous activer pour avoir les autres fréquences sur les autres régions pour que la télévision soit nationale. Cependant, il y a un autre raccourci, c’est que nous sommes sur le satellite depuis hier, jeudi. Les Sénégalais qui sont à l’intérieur du pays, en Afrique et en Europe peuvent recevoir le signal directement chez eux via le satellite s’ils ont une parabole. Aujourd’hui, ils le reçoivent en clair. Ils n’ont pas besoin de décodeur supplémentaire, d’abonnement etc. Ils font la recherche, on est sur broadcast, ils vont recevoir le signal Tfm. Il sera en clair jusqu’au 30 novembre à minuit. Ensuite, il sera question d’une commercialisation. Mais d’ici à la fin de l’année, au plus tard, la question des fréquences ne sera qu’un vieux souvenir. Les émetteurs sont déjà commandés. On attend les fréquences pour les encoder dans les émetteurs... Mais techniquement, on est prêt à y aller. On a encore beaucoup d’investissements à faire. Du point de vue des ressources humaines, cela va encore faire peur aux autres médias. On va encore recruter, parce qu’on a encore des besoins par rapport aux objectifs qu’on s’est fixés en termes de production, le personnel qui est là ne peut pas suffire. Il faut qu’on recrute encore des gens. On n’a même pas assez de caméramen pour nos caméras. Donc, on va recruter dans tous les secteurs qui sont dans une chaîne de télévision. Que ça soit des présentateurs, des animateurs, des techniciens etc. Si les autres ont peur qu’on frappe à leur porte, il faut qu’ils les blindent, parce qu’on va recruter.

Avec le recrutement des journalistes de la Rfm, certains craignent le syndrome de Walf Tv. Que répondez-vous à cela ?

Aujourd’hui, il n’y a aucune possibilité pour que Tfm soit une radio filmée. Ce qu’on a reproché à Walfadjri, les gens ont été très libres de le faire. Mais ce qui est sûr et certain nous allons faire une chaîne de télévision totalement indépendante de l’Observateur, totalement indépendante de la Rfm. D’ailleurs, j’ai tenu depuis le début à dire que la rédaction de la Tfm doit être totalement indépendante. Ce n’est pas seulement une rédaction pour juste venir faire le journal, mais la rédaction doit veiller même à la qualité de l’émission de Koutia. On a tenu une réunion sur laquelle nous avons précisé les responsabilités de chacun et de chaque département dans cette chaîne. La rédaction a pour charge de veiller à la qualité des contenus dans tous les programmes. De la comédie au journal télévisé. Quand il y a un animateur ou un présentateur qui passe à côté, je m’en référerais au directeur ou au responsable de la rédaction, parce que c’est là la charge de la rédaction…

Avec Bouba Ndour, Kouthia, Mamoudou Ibra Kane…qui sont très connus, n’avez-vous pas l’impression de diriger une armée de vedettes ? Comment les canaliser sans casser le talent et la créativité des uns et des autres ? L’avantage qu’on a, c’est qu’on a regroupé des gens qui ont fait du chemin. Je positive. Je pense qu’à un moment, c’est ce qui est arrivé au Real de Madrid. Où il n’y avait que de grosses têtes. Des Zidane et autres. On disait que ça n’allait pas marcher parce qu’il n’y a que des stars. Il y a des stars, mais la seule star c’est l’écran.

Ce n’est pas Youssou Ndour ?

Ce n’est pas Youssou Ndour, c’est l’écran. Aujourd’hui on s’est mis dans des conditions très claires à l’interne. Que ça soit Bouba Ndour, Ndiaga Ndour, Koutia ou autres, tout le monde marchera au pas de la chaîne de télévision.

On va un peu revenir sur vous. On ne vous voit pas trop, vous êtes un homme de l’ombre. C’est qui Moustapha Diop ?

On va dire que c’est un bonhomme qui fait son chemin très calmement. Je ne parle pas beaucoup dans les médias. Même quand j’étais dans d’autres médias, je ne parlais pas beaucoup. Je préfère me mettre à l’action. Je suis toujours sur le terrain. Le milieu de la culture, de l’événementiel et da la production est un milieu que je connais depuis une vingtaine d’années. J’ai eu un parcours dans la gestion des hommes, des carrières, aujourd’hui j’en arrive à Tfm après 2STv. Le principal, ce n’est pas moi. Le principal, c’est ce que j’arriverais avec mon équipe à mettre à l’antenne. La perception que les Sénégalais auront de ce que l’on va mettre à l’antenne, et des critiques et perceptions qu’ils vont mettre sur nos programmes. On va démarrer cette chaîne calmement. On a une grille de programmes très ambitieuse. Ce qu’on va mettre à l’antenne à partir du 11 octobre ne représente pas le cinquième de ce qu’on a envie de mettre à l’antenne. On fera tout, étape par étape. On va commanditer une étude d’audience. Pas forcément pour donner notre position, mais pour mieux maîtriser l’attente des Sénégalais par rapport à la programmation. A partir de mi-octobre, on va lancer cette étude-là. Les gens iront sur le terrain avec un échantillonnage de mille sénégalais. Ils vont travailler pour pouvoir nous faire des retours, sur les niveaux de déception, de satisfaction, sur l’attente des Sénégalais, comment ils apprécient les programmes et qu’est-ce qu’ils veulent exactement. Parce qu’une chaîne de télévision ne peut pas avancer sans faire ces études-là. Les études qui nous positionnent par rapport aux autres sont très importantes… C’est sûr que d’ici mars, avril, les positionnements des uns et des autres vont changer. Je ne dis pas que Tfm sera la première chaîne, mais elle va chambouler l’ordre qui est actuellement établi sur les sondages. Les études qu’on va demander de faire, seront des études de qualité.

Ne pensez-vous pas qu’il y a un foisonnement excessif de chaînes de télévision au Sénégal ? Il y a déjà Walf Tv, 2STv, la Rdv, sans compter la Rts.

Il n’y a pas de surdose d’images pour l’instant. Ça peut être apprécié comme une surdose d’images, parce qu’il n’y a pas une réglementation du secteur. Le ministère de tutelle doit réagir, parce qu’il doit y avoir une réglementation du secteur. Tout le monde fait ses programmes. Vous savez, par exemple en France, avant le démarrage des programmes, chacun va déposer, ce qui est l’équivalent du Bsda au Sénégal, tous ses programmes. Donc, on sait que sur cette période, chaque télévision va présenter tel programme. On ne peut pas, en cours de programmation, changer, copier ou plagier. Ce n’est pas possible. Et au niveau des acquisitions des droits, que ça soit sur les téléfilms, les séries, les films, il y a un besoin de réglementation. Un vrai besoin d’assainissement du secteur. On va en parler ultérieurement. Effectivement, on peut percevoir les choses comme une saturation d’images à chaque niveau, mais c’est que chaque chaîne de télévision ne joue pas son rôle. Il y a des chaînes de télévision qui sont dites privées. Il y a la chaîne de télévision qui est dite nationale, mais aujourd’hui il n’y a pas de chaîne d’information générale, il n’y a que Canal Info qui sort légèrement du lot. Mais toutes les autres chaînes de télévision confondues sont des chaînes de télévision commerciales, qui se battent sur le terrain pour avoir le maximum pour couvrir leurs charges….

 Tfm va-t-elle donc prendre sa place dans ce paysage médiatique ?

Obligatoirement. Aujourd’hui, cela ne dépend pas de nous. Aujourd’hui, la chaîne s’impose un niveau de qualité du contenu, c’est lié à l’histoire qui la lie aux Sénégalais. Qu’ils soient d’ici ou d’ailleurs. Une histoire qui la lie aussi aux Africains. Je rentre d’Abidjan où les gens me parlent de Tfm. Il faut dire que la presse sénégalaise est fortement représentée dans la sous-région. Les gens connaissent les péripéties qui ont mené à la naissance de ce «bébé-là». Tout le monde se pose des questions, tout le monde nous attend. Vous vous en rendrez compte, en 2011, quand les gens qui ont porté de grands intérêts pour cette chaîne réagiront. Vous verrez que c’est une chaîne qui n’intéresse pas que les Sénégalais.


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