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[Enquête] (2/2) Touba : Vaste mafia de vente clandestine d'armes à feu au marché Ocass

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[Enquête] (2/2) Touba : Vaste mafia de vente clandestine d'armes à feu au marché Ocass

(Touba, envoyé spécial) - C'est incontestablement l'un des marchés les plus célèbres de la capitale du mouridisme et du pays, en général: Le marché Ocass de Touba, situé à seulement quelques jets de pierre de la grande mosquée, est une véritable foire de clandestinités où l'on peut se procurer une arme à feu avec… 20 mille francs. Seneweb y a mené une enquête.

Tantôt c'est "marché noir", tantôt "marché fraude". Rien que les noms lèvent un coin du voile sur ce qui se passe dans l'intimité des installations de ce haut lieu de négoce. Au marché Ocass de Touba, l'essentiel c'est que l'argent coule à flot. Qu'importe la manière. "C'est un nid de délinquance", résume d'ailleurs une source policière de Touba qui reconnaît la gravité de la situation. En tout cas, derrière ce grand busines autour des marchandises de toutes sortes, de gros deals illicites y sont effectués, avec leur lot de conséquences drastiques.

Samedi 21 décembre 2019, un fait inédit émeute le marché Ocass de Touba. Mamour Sarr, après avoir acheté clandestinement une arme à feu, s'est tiré par inadvertance, une balle dans l'abdomen alors qu'il s'engouffrait son pistolet artisanal dans sa poche. Il succombera à ses blessures, quelques heures plus tard, aux urgences de l'hôpital Matlaboul Fawzeyni.

Mais, des investigations faites sur ce lieu mythique révèlent un grand réseau autour de la vente d'armes de toutes sortes. "Comme vous le savez, ici, la discrétion est une règle d'or. Les gens ne veulent pas vendre n'importe quoi à n'importe qui. Ils ne veulent pas être infiltrés. C'est pourquoi ils sont réticents. Il y a une véritable mafia. Les gens vendent du tout", confie ce vieux cambiste. Ce, après plusieurs minutes d'hésitations.

"On a l'habitude de dire qu'au marché Ocass, il est plus facile d'y acheter une arme qu'un coq", avait ironisé le Colonel Alioune Ndiaye, retraité de la police, dans un entretien avec le journal Enquête.

"Lieux secrets de fabrication et de réparation d'armes"
Mais, d'autres sources habituées des lieux révèlent que s'il y a des vendeurs clandestins d'armes, c'est parce qu'il y a aussi des fabricants clandestins. "Il y a des lieux secrets de fabrication et de réparation d'armes à feu. Certains en fabriquent dans d'autres endroits discrets pour venir les écouler dans le marché à défaut de le faire chez eux. C'est des armes artisanales, mais je vous assure qu'elles sont aussi performantes que celles qui sont fabriquées en Europe ou en Amérique latine", ajoute notre informateur qui précise dans la foulée ne pas être consterné par cette mafia. Il dit: "Certains font la confusion. Nous, on fait des changes, même si c'est aussi de manière clandestine".

L'autre facteur qui facilite la circulation des produits frauduleux, c'est l'absence de poste des douanes à Touba. Au-delà des faux médicaments, une bonne partie de ces armes est vendue par des fraudeurs. "Touba est le point de convergence des fraudeurs de la sous-région. Et ils viennent tous au marché Ocass pour écouler leurs marchandises malsaines. Il y a beaucoup de produits contrefaits, même si des séances de sensibilisation sont faites par les dignitaires", lâche le commerçant, Baye Fallou, la soixantaine.

Il ressort de nos informateurs que ni les vendeurs, ni les clients ne se soucient de trouver des autorisations légales de vente ou de port d'armes. "A côté de ces armateurs et autres vendeurs, il y a aussi les trafiquants de papiers frauduleux de port d'armes. Ce qui se passe ici est tout simplement indescriptible".

Des armes vendues à partir de 20.000 FCFA
La conséquence directe de cette situation: les armes sont vendues à des prix parfois dérisoires. "Il y a quelques jours, un ami m'a dit qu'il a acheté une arme artisanale avec des balles à seulement 20 mille francs Cfa. C'est une arme occasionnelle. Ces armes sont à la portée de n'importe qui". Une autre source va plus loin. "Aux dernières nouvelles, les prix varient entre 20.000 et 100.000 francs. Vous voyez que ce n'est pas trop cher", nous révèle-t-il précisant qu'il évolue dans ce business, "de manière occasionnelle".

Au même moment, un armurier établi à Dakar, nous signale que dans son commerce les prix des armes varient entre 300 mille et 2 millions francs Cfa. Mais, "ça dépend de la marque et du type d'armes", précise-t-il rappelant par ailleurs que "d'autres aussi vendent des armes occasionnelles à des prix plus bas".

À signaler en outre que la spécificité du marché Ocass, c'est sa position géographique. Il est niché au cœur de Touba, à cheval entre les populeux quartiers de "28" et de "Gare Bou Ndaw".

"C'est des lieux d'habitation. Il y a beaucoup de maisons qui y sont transformées en centres commerciaux secrets", lâche un notable et responsable politique de la localité qui se dit lui aussi préoccupé par la "gravité" de la situation."Beaucoup de jeunes s'adonnent maintenant à ce business qui n'est pas du tout sain. Et le plus souvent, il faut qu'il y ait un drame pour que les autorités réagissent", souffle-t-il.

Mais, comment se passent ces deals en pleine journée dans un lieu aussi peuplé? D'après des informations recueillies sur place, le modus operandi des dealers est simple mais échappe à tout soupçon: Tout passe par un simple coup de fil. Les clients sont démarchés au téléphone. Une fois le marchandage fait, le plus souvent avec l'aide d'une connaissance très influente, le client se présente sur les lieux. Ils entrent ensemble dans les appartements privés pour procéder à la livraison de "la marchandise".

"Vous pouvez passer toute la journée ici, mais vous ne verrez jamais ces genres de marchandises circuler. Vous ne verrez que des gens faire des entrées et sorties. C'est pourquoi, ils échappent à tout contrôle des policiers. Ils sont puissants et influents", relève un de nos interlocuteurs.

La dernière descente musclée remonte à 2014
Pourtant, un poste de police est érigé sur les lieux. Le délégué du marché, Siny Dieng, soutient que les commerçants ont construit sur fonds propres un bâtiment pour le livrer aux autorités sécuritaires. Selon lui, les policiers font des rondes de jour comme de nuit.

"On enregistrait des agressions en plein jour, mais j'avoue qu'aujourd'hui, la situation a un peu changé grâce au nouveau dispositif mis en place par les forces de sécurité. On ne peut que nous en réjouir", dit-il soulignant que certains grands commerces disposent également de vigiles personnels et de caméras de surveillance. Mais le seul hic, c'est que ces caméras ne fonctionnent pas pendant la nuit. La raison, déclare Dieng : "Tous les commerçants débranchent leur courant par peur d'être victimes d'incendies causés le plus souvent par des courts-cuits".

Interpellé sur la question, une autorité policière de Touba dénonce ce qu'il qualifie d'anarchie dans ce lieu de commerce. "C'est un laisser-aller qui a trop duré. Il y a un problème de délimitation du marché. Les maisons se trouvent à l'intérieur du marché qui n'a même pas un mur de clôture", fait-il notamment constater. Notre interlocuteur de rassurer toutefois qu'un véhicule de patrouille de la police fait des rotations tous les jours.

Quoi qu'il en soit, le marché Ocass a fait l'objet de plusieurs cambriolages. Le dernier en date a été perpétré le 5 novembre 2019, contre une bijouterie. Au total, 1,5 million de francs CFA et des bijoux d'une valeur de 20 millions de francs CFA ont été emportés. Les faits ont eu lieu aux environs de 7 h 30 du matin quand quatre bandits ont fait irruption dans la bijouterie, maîtrisant le propriétaire qui venait d'ouvrir son commerce.

Un phénomène qui peut s'expliquer par la circulation des armes, d'après une source qui rappelle, pour le regretter, que la dernière descente musclée effectuée sur les lieux remonte à 2014. Ce vieux, témoin des faits, révèle qu'un important contingent de d'éléments du Groupement d'intervention de la gendarmerie nationale (Gign) avait débarqué en plein jour pour faire le ménage. "Ce jour-là, raconte-t-il, plusieurs trafiquants avaient été arrêtés et diverses armes saisies par les forces de sécurité. Tout était rasé. Il n'y avait plus de vendeurs d'armes, mais au fil du temps, ils sont revenus".

liiiiiiiaffaire_de_malade

12 Commentaires

  1. Auteur

    il y a 2 semaines (10:13 AM)
    Armez vous y a pas de sécurité dans ce pays et ces gens ne vous donneront pas d'autorisation de port d'arme.
  2. Auteur

    Thiey Touba

    il y a 2 semaines (10:24 AM)
    bienvenu au Sénégal ou Touba est la capital du mouridisme du trafic de drogue , de voiture et d'humain. Et ça c'est à de ces petits bandits qui se disent des Mbacké Mbacké alors qu'ils ne port même pas le nom Mbacké.



    #Allons rek
    Auteur

    Marmotin

    il y a 2 semaines (10:25 AM)
    Si on y prend pas garde, cette ville va bientôt devenir le MEDELIN ou le Far West national si ce n'est pas déjà fait. Nous savons ce qui se cache derrière ces grands boubous et autres caftans.

    Sous couvert de je ne sais quelle religion, une ville de ce pays est en passe de devenir propriété privée et c'est inacceptable.

    Quel pays !
    • Auteur

      Reply_author

      il y a 2 semaines (21:38 PM)
      motakh j n suis jamais parti là-bas parce que dall c est un no man' s land
    Auteur

    Touba Ville De Terreur

    il y a 2 semaines (10:43 AM)
    Thieuy touba ville de terrorisme

    koufa deuk tè déffo lou nèkh sèn bakane sakh niou rayla wala terroriséla
    Auteur

    Niamniam

    il y a 2 semaines (11:18 AM)
    C'est quoi encore le NDIGUEL ? A qui s'adresse-t-il ? Sûrement aux narcotrafiquants qui vivent sur place. C'est le plus grand hold up de conscience du siècle. Un détournement de l'intelligence humaine, une exploitation et et un abrutissement de masse.



    Réveillez-vous !!
    Auteur

    Tex Willer

    il y a 2 semaines (11:22 AM)
    Armez vous mes chers compatriotes, protegez vous et protegez vos familles. Le pays ne protège pas ses fils.
    Auteur

    Abdou Karim

    il y a 2 semaines (11:25 AM)
    La haine nous empêche souvent d'être objectif. Les gens de Touba n'ont rien de spécial meme si la ville l'est du point de vue de son histoire. Concernant ce problème je retiens 3 facteurs importants pour essayer de comprendre.

    1) Facteur géographique: Touba est entrain de subir sur forme d'exode rurale inversé. Des milliers de gens quittent leur villages pour s'installer à Touba et sa périphérie qui est elle meme assimilée (à tort peut-être) à Touba. Dakar étant saturé et cette ville pouvant apporter un minimum de survie, beaucoup tentent leur chance! Ces milliers de nouveaux habitants n'épousent pas forcément les codes historiques de la ville entre autres. Les stratégies de survie sont multiples: prostitution, vol, fétichisme, daara clandestins, etc.

    2°) Facteur criminel: Les voleurs, les agresseurs et trafiquants de tous genres n'ont pas de frontière (physique) dans leur propre pays. Il se déplacent en fonction des opportunités ''économiques'' qu'offrent chaque ville. Si Tamba et Fatick offraient les mêmes ''opportunités'' de survie à ces délinquants, ces deux villes seraient tout autant la cible de tous les trafics.

    De meme, La faiblesse des moyens déployés par l'État pour sécuriser des zones parfois plus grandes que Dakar et une population de plus d'un million d'habitants encouragent les bandits et trafiquants.

    Les études ou l'analyse économique de la criminalité confirme la mobilité économique des délinquants.



    3°) Facteur psycologique : Et vous pensez que face à la faillite de l'État à assurer la sécurité, les gens vont croiser les bras? Chacun va chercher à se protéger lui même. Dans la société américaine ce facteur psychologique est si prégnante que la présence générale de la police pour renforcer le sentiment de sécurité n'empêche pas les gens de s'armer, de se surarmer! Ce qui pose un autre problème de sécurité.

    Au lieu d'un dialogue politique pourquoi pas un débat national sur la sécurité, les armes, la pédophilie, l'homosexualité?

    Mais je vois qu'il est souvent plus facile pour des jeunes de 25 à 35/ans d'insulter des khalifs de 90/ans que de réfléchir sur leur société.
    • Auteur

      Reply_author

      il y a 2 semaines (18:46 PM)
      li-nga wakh sa analyse yénou-woul mana.
      sou-doone essai sur la situation sécuritaire de touba 01,25/20 la lay may.
      li ray touba lène rek-la lignou-ko beugueu def propriété privée ou plutot zone de non droit boo-khamné dou douane, dou police, dou gendarmerie dou kène-nak yalla sakh ci frontièrou deuk-bi lagne ko beuga yémalé. ngour na wakh way té bayi soudiotou.
    • Auteur

      Reply_author

      il y a 2 semaines (20:13 PM)
      merci abdou karim pour l'analyse. Ça nous change des raccourcis malveillants
    Auteur

    il y a 2 semaines (11:30 AM)
    Les talibé de omar sall



    Vraiment jaaxal géne ma



    Amou léne joom



    Je croyais que après le problème awa ndiaye vous allez comprendre et laisser Touba en paix mais vous continuez

    la prochaine fois on va frapper très très forts waaxna léne nak



    admin seneweb tu peux supprimer comme tu es pro omar sall tu avais bien filtré les commentaire sur ses articles
    • Auteur

      Touba Bokkalé

      il y a 2 semaines (12:19 PM)
      et bin voila, toi le terroriste mouride là, tu menace de frapper fort des femmes et des enfants innocent kidnappés.
      vraiment vous êtes de méchants terroriste agresseur
      dieu a sauvé awa ndiaye sinon vous allez la violer et couper sa tête et la vendre pour des fétiches
    • Auteur

      Reply_author

      il y a 2 semaines (13:45 PM)
      tu dois dire merci touba

      et tu les accuse
      elle quitte son mari, s'enfuie à touba

      les gens de touba s'occupe d'elle, téléphone oustaz omar sall qui refuse d'allé la cherché

      aujourd'hui au lieu de dire merci touba vous l'accusez yalla guiss na lép
    Auteur

    il y a 2 semaines (12:11 PM)
    Des artisanats qui fabriquent des armes sans même allé a l'école française



    on va les envoyé en prison ???



    Mais pourquoi on les encadre pas, leur donné une formation ouvrir des usine fabriqué des armes made in Sénégal ??,



    Pourquoi l'Africain ne réfléchie pas !!!



    ils sont clandestins mais geuneu lou léne
    Auteur

    il y a 2 semaines (13:03 PM)
    Guinar AK ay néname yague nafa am.même les enfants le savent
    Auteur

    Xele

    il y a 2 semaines (14:34 PM)
    Tey mou nekh dou yomba
    Auteur

    il y a 2 semaines (18:49 PM)
    Li ray Touba lène rek-la lignou-ko beugueu def propriété privée ou plutot zone de non droit boo-khamné dou douane, dou police, dou gendarmerie dou kène-nak yalla sakh ci frontièrou deuk-bi lagne ko beuga yémalé. Ngour na wakh way té bayi soudiotou.

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