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Focus Paludisme en milieu urbain : Quand la non-utilisation de la moustiquaire plombe la tendance

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Focus Paludisme en milieu urbain : Quand la non-utilisation de la moustiquaire plombe la tendance
La moustiquaire imprégnée à longue durée d’action est aujourd’hui l’un des moyens les plus sûrs pour se protéger du paludisme. La pathologie existe encore, surtout en milieu urbain.  Des enquêtes qui ont été menées sur le plan anthropologie ont montré que les moustiquaires sont considérées comme un outil   de villageois.  Les personnes interrogées sur  l’utilisation de la moustiquaire imprégnée ont invoqué le plan esthétique.

Pour elles, les moustiquaires changent le format de la maison et ne facilitent pas la décoration de la chambre. Dans la conscience collective aussi, les gens pensent que ce sont des trucs pour les gens qui habitent en milieu rural.

L’autre aspect est lié à la paresse.  Il n’est pas simple de faire et de défaire sa moustiquaire, surtout quand on se lève la nuit, pour la plupart. Ce comportement a d’ailleurs une influence sur les tendances du paludisme. «Nous donnons régulièrement des moustiquaires, mais c’est exceptionnel de voir les gens dormir sous moustiquaire imprégnée. Ces facteurs contribuent à ralentir les efforts consentis par l’État du Sénégal pour l’élimination du paludisme. À partir de 2020, beaucoup de perturbations  sont connues dans la mise en œuvre des activités avec la Covid-19. Il faudra remarquer que le nombre de décès à partir de 2020 dans la région de Dakar est beaucoup plus élevé, du fait que les gens ne se rendent pas compte du dispositif de prévention.

7 millions de moustiquaires distribuées au Sénégal

Le Sénégal a un défi majeur d'élimination du paludisme, à l'horizon 2030, conformément aux orientations de l'OMS et de Roll Back Malaria. Dans  une distribution massive de moustiquaires à longue durée d'action (MILDA)  se fait au Sénégal et en Gambie. En effet, atteindre l'objectif d'élimination de ce mal nécessite aussi des innovations dans la manière dont les outils actuellement disponibles sont sélectionnés et fournis. «Les  avancées sont encourageantes, avec la disponibilité du vaccin contre le paludisme, le RTS S. Il s'agit d'une percée historique extraordinaire pour la science, la santé infantile et la lutte contre le paludisme, mais les adultes et tous les membres de la famille doivent dormir sous moustiquaires imprégnées. Ceci doit se fait toute la nuit toute l’année et par toute la famille » a expliqué le docteur Doudou Sène coordonnateur du PNLP. Au Sénégal, au moins 6 977 550 moustiquaires imprégnées, d'une valeur de plus de 8 milliards de F CFA, sont distribuées. L'objectif est de sauver 40 000 à 80 000 vies par an. "Le Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP)  et certaines organisations de la société civile comme l’association des femmes de l’Afrique de l’Ouest (Afao) et Speak up Africa portent le  plaidoyer à travers la communication. La situation épidémiologique laisse aussi apparaître une baisse significative de la morbidité palustre chez les enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes. Toutefois, le paludisme constitue encore un énorme fardeau économique. "Tant que cette maladie existera, elle menacera les plus démunis et les plus vulnérables.

71 décès de paludisme Dakar, une zone de tension

Les 71 décès de paludisme au niveau de Dakar ont soulevé la question du retour de la pathologie en milieu urbain. Dakar émerge par rapport au paludisme. Beaucoup de cas sont notés récemment  dans les structures de santé. Plusieurs facteurs peuvent l’expliquer. Sur le plan climatique, il y'a eu beaucoup de pluie et des inondations. La deuxième cause peut être liée à l’utilisation des moyens de prévention notamment dans les grandes villes. « Il est exceptionnel de voir dans les maisons que les gens dorment sous moustiquaires imprégnées à longue durée d’action (Milda) qui est l’arme principale  pour se protéger contre le paludisme. Il y a  malheureusement un non-respect  de cette directive selon le docteur Doudou Sène, coordonnateur du programme national de lutte contre le paludisme. La troisième cause peut cependant être le fait de ne pas se rendre à temps au niveau des structures sanitaires et subir le  test pour un traitement précoce. «  Quand on a une fièvre due au paludisme, les moustiques responsables de la transmission sont toujours présents dans la concession. Quand on ne prend pas tout de suite le traitement, d’autres membres de la famille seront piqués et cela va continuer la transmission.  Il est important que celui qui a le palu soit traité rapidement pour éviter de contaminer une autre personne » explique le docteur Sène.

Pour Dakar, une analyse situationnelle de cas par cas est  en train de se faire par les acteurs de la lutte contre le paludisme. Il s’agit pour le docteur Doudou Sarr  de faire des investigations pour comprendre un peu plus les mécanismes. Sur instruction du ministre de la Santé, nous sommes en train de nous réunir pour voir ce qu’il en est et prendre les dispositions, a-t-il expliqué. À Dakar, la baisse de l’immunité de la population va faire en sorte que les gens aient facilement des cas graves de paludisme. Il faut noter qu’après 10 ou 15 ans sans paludisme, il y a une baisse de l’immunité. Et quiconque chope la maladie, bascule facilement vers des cas graves.  D’où la nécessité  chez les personnels de santé de respecter les directives pour la prise en charge du paludisme.

Tendance stagnante

Les tendances de ces cinq dernières années sont identiques dans trois zones distinctes.  La  zone de préélimination représente le  nombre total de cas pour 1 000 habitants. Quand c’est inférieur ou égal à 5 pour 1 000 hbts on parle de pré élimination. La zone verte concerne ainsi  les régions de St Louis, Matam, Louga, Thiès pour un certain nombre de districts, la région de Ziguinchor, une partie de la région de Dakar, la région de Fatick. La zone intermédiaire se traduit par une incidence qui tourne entre 10 et 15 pour 1000 hbts.  Elle est encore appelée zone jaune. Elle est composée de  Kaffrine, Diourbel, une partie de Dakar et de Thiès, à Sédhiou. Enfin la zone rouge de forte prévalence où l’incidence dépasse 25 pour 1 000, il y a Salémata et Saraya où, sur 1 000 hbts, on peut avoir 600 cas par an. 

«Les tendances ont montré, comparées aux années précédentes, que la situation semble être stagnante. Par contre, par endroits, comparé aux chiffres que nous avons reçus, il y a une augmentation du nombre de cas qui ont été recensés notamment au niveau de Dakar et de certaines structures du pays.  Cela, plusieurs facteurs peuvent l’expliquer», selon le Dr Sène. Il s’agit de la  stratégie que nous avons mise en place pour essayer de collecter le maximum de données notamment celles du secteur privé qui auparavant n’étaient pas comptabilisées dans les données. Le renforcement du système communautaire notamment avec la prise en charge à domicile qui permet de détecter le maximum de cas. Il y a le contexte géoclimatique que nous avons traversé avec des inondations un peu partout au niveau du pays.

Le défi du financement

Ces dix dernières années, on peut se satisfaire d’avoir une réduction drastique du nombre de cas de Paludisme. Seulement le financement de la santé constitue un des plus grands défis pour les cinq prochaines années.  Le coordonnateur du Programme national de lutte contre le Paludisme a appelé les collectivités locales et le secteur privé à s’engager dans le domaine. « Pour éliminer le palu, il faut un appel multisectoriel » dit-il. En tant que scientifique et chercheur, le Professeur Daouda Ndiaye atteste que l’appareil moléculaire (lamp) est un outil sur lequel le Sénégal peut grandement compter pour atteindre son objectif d’éliminer le paludisme d’ici 2030.  En effet, il s’agit d’une technologie, sur laquelle l'inventeur du test "illumigene malaria" a travaillé ces dernières années pour aider le pays, notamment les pays endémiques au paludisme à surmonter les cas d'infections sous microscopiques qui ne pouvaient être détectés par la microscopie conventionnelle, mais également les Tdr dans les zones de préélimination.


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