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Politique

Élections municipales à Diawara : les recours contre l’élection de Killé Sakho. Le préfet du département indexé par des partis politiques

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Élections municipales à Diawara : les recours contre l’élection de Killé Sakho. Le préfet du département indexé par des partis politiques

Ce mardi 15 juillet, dans la matinée, le préfet du département de BakelJean Baptiste Coly, est arrivé àDiawara, pour procéder à l’élection du nouveau maire, issu de la majorité, en principe. Mais sauf que les choses ne se sont pas déroulées dans les règles de l’art.

Peu après le verdict des urnes le 29 juin, trois des quatre partis en lice, la LD/MPT, le PS et l’APR, ont introduit plusieurs recours, notamment un auprès dudit préfet. Il est reproché à Killé Sakho, candidat PDS à la magistrature de la commune de Diawara, d’enfreindre plusieurs dispositions législatives. Parmi celles-ci, le cas le plus flagrant est prévu par l’Article L.232 du Code Electoral (consultable ici http://www.gouv.sn/Loi-no-2014-18-du-15-avril-2014.html ) qui stipule que :

  • Ne sont pas éligibles dans les communes où ils exercent leurs fonctions :

       1. les ingénieurs et conducteurs chargés d’un service municipal ainsi que les agents voyers ;

      2. les comptables des deniers communaux ainsi que les chefs de services de l’assiette et du recouvrement ;

     3. les chefs des services régionaux et départementaux des établissements publics ;

    4. les agents salariés de la commune, parmi lesquels ne sont pas compris ceux qui, étant fonctionnaires publics ou exerçant une profession indépendante, ne reçoivent une indemnité de la commune qu’à raison des services qu’ils lui rendent dans l’exercice de cette profession.

Or à la date du scrutin du 29 juin 2014, le sieur Killé Sakho était toujours agent de la mairie de Diawara, en clair il n’avait pas démissionné de ses fonctions. Ceci constitue une fausse déclaration sanctionnée par l’article L.240 qui informe que :

  • Tout candidat qui, de mauvaise foi, aura souscrit une déclaration inexacte sur son éligibilité ou sur sa présence sur une liste sera puni d’un emprisonnement d’un mois à un an et d’une amende de 18.000 à 360.000 F CFA.

Ces recours déposés récemment sur le bureau du préfet de Bakel, ont connu une tortueuse destinée, car ce dernier n’a daigné répondre à la demande des trois partis protestataires ; et lorsqu’il a été interpellé par ces derniers, le préfet affirme que leur courrier ne mentionnait aucun contact pour pouvoir leur apporter une réponse. Une affirmation qui a fait bondir la salle ce matin. Ce n’est pas tout. Le préfet, dans sa réponse, dit que leur demande est irrecevable, puisque selon lui, le recours doit être introduit par le coordinateur local des partis, mais sauf que il semble évident que Jean Baptiste Coly ne maîtrise pas la loi électorale, en tout cas pas dans ses bases élémentaires. En effet, l’article L.235 de ce même Code Electoral dit, sans son second paragraphe que : « Tout électeur municipal peut saisir le représentant de l’Etat ou la Cour d’Appel lorsqu’il constate un cas d’inéligibilité ou d’incompatibilité ». Là, c’est la preuve que ce préfet manque de rigueur, tout en étant réellement pas à sa place ; il avait fini par glacer l’assistance, tellement surprise par le peu de connaissance législative dont il semble souffrir. Lorsque les populations du département de Bakel disaient qu’on leur envoie que des fonctionnaires ne mesurant pas le sérieux de la tâche qui leur est confiée, nous voilà devant une réalité.

Et à ce moment-là il a été reproché au préfet de prendre parti et d’afficher sa couleur politique au grand jour : sa préférence pour le parti PDS, en s’ayant volontairement sur le droit électoral. En effet, depuis la campagne, les remarques ne manquaient pas pour fustiger le comportement ambigu du préfet.

Lors de cette même réunion de ce matin, le préfet a été interpellé par le candidat du PS, M. Abdou Karim Cissé, celui-ci lui demanda pourquoi, une personne sur la liste du PDS (élue conseiller), qui est actuellement emprisonné à Bakel pour des faits de détournements, a pu faire missionner une tierce personne d’un vote par procuration (voter à sa place, en lui fournissant une procuration) ? Or toute personne dans les liens de la prison, pour de tels faits, n’est pas en capacité de voter et encore moins par procuration. Et ce fut là une vraie bombe pour le préfet ; il n’a su rien trouver comme mot, il a balbutié et a fini par reconnaître là une entorse à la loi. Et c’est cette dernière information qui a fait sortir les éléments des trois partis de leur gong, ils ont quitté la salle, ont boycotté le vote pour élire le maire et ont accusé le préfet non seulement d’incompétence notoire et de parti pris pour le PDS. La décision a été prise par les trois partis d’opposition : porter plainte à Bakel et saisir la Cour d’Appel, tout en prenant le soin d’aviser les autorités hiérarchiques du cirque que ce préfet joue actuellement à Diawara, mais surtout obtenir la démission de ses fonctions du sieur Killé Sakho. Dans les différents dossiers, on y trouve d’autres bombes pour ce dernier, mais les choses suivent leur cours.

Les prochaines semaines seront, à coup sûr, riches en rebondissements.

Siabou KOITA, www.diawara.org



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