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[ Contribution ] Hommage à Daouda SOW : Le Djolof vient de perdre un de ses fils les plus illustres

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[ Contribution ] Hommage à Daouda SOW : Le Djolof vient de perdre un de ses fils les plus illustres

Daouda Sow nous a quittés et laisse tout le Djolof orphelin de l'une des figures les plus emblématiques de l'histoire politique du Sénégal. La grande faucheuse est encore passée par là. La nouvelle, comme une traînée de poudre, se répand aux coins et recoins les plus reculés du Djolof, de Widou Thiengouly à Gassane et de Ndiayène Séno à Boulal. Celui que l'on appelait affectueusement « Tonton Daouda » a marqué des générations dans l’histoire politique du département de Linguère. Fin politique et homme de consensus, il s’est illustré comme un manager hors pair, depuis son ancrage à l’Ups-Ps. Il a été le secrétaire général de la coordination Ups de Linguère, secrétaire politique de l’union régionale de Diourbel, au moment où cette région englobait Louga et ses départements. Fin politique et talentueux, il a été un membre influent du Bureau politique du Ps.

Médecin psychiatre de formation, ce natif de Wiss Wiss dans le département de Linguère en 1933 a très tôt adhéré au Bloc populaire sénégalais (BPS) en 1956. Les années qui suivent la crise de 1962 ont été déterminantes dans sa carrière politique. Responsable politique infatigable et talentueux, il a été élu député dés 1963 et membre du bureau de l’Assemblée nationale en tant que président de la commission des Affaires sociales. Son statut de parlementaire attitré jusqu’en 1970 lui a permis de faire ses preuves tant au niveau local qu’au sommet de la hiérarchie.

C’est en 1970 qu’il est nommé ministre de la Santé (1970-1972), puis Ministre de l'Information, des Télécommunications et des Relations avec les Assemblées (1973-1980). En 1981, il est ministre des Forces armées dans le premier gouvernement de Habib Thiam. En novembre 1982, il est Ministre confédéral de la Défense dans le premier cabinet confédéral (Sénégal - Gambie). Le 12 avril 1984, il devient Président de l’Assemblée nationale, succédant à Habib Thiam, démissionnaire. Réélu en avril 1988, il est cependant contraint de démissionner à son tour le 9 décembre 1988. Il sera par la suite Président du conseil d’administration de la Sonacos. Dans sa brillante carrière politique et administrative, il a eu à occuper plusieurs autres fonctions officielles, à l'échelon national ou international.

C’est cet homme de foi et de conviction, cet apôtre du consensus et du dialogue de la vie politique sénégalaise des années 70-80 qui vient de conclure une pause pour l’éternité. J'ai eu le privilège, en ma qualité de correspondant du Groupe Walfadjri à Linguère en 1998, de le fréquenter et de l'apprécier. IL était d'une ouverture d'esprit et d’une forte personnalité. Bien moulé dans la tradition occidentale et fortement ancré des valeurs sociales et traditionnelles du Djolof, il a réussi à transcender les clivages politiques. C'est ce mélange dosé « d'enracinement et d'ouverture » qui a fait de cet homme, un exemple, un guide et une référence.

Au début de la campagne mouvementée des élections législatives de 1998, il avait souvent l’habitude de me parler de ses convictions politiques et avec force, j’en ai retenu deux qui resteront à jamais gravés dans ma mémoire. « En politique, il ne faut jamais sous estimé l'adversaire», me disait-il. « Et pour être un bon  responsable politique, il faut s'armer de patience et ne jamais être pressé », renchérissait-t-il encore. Ces paroles sonnent souvent comme un leitmotiv à chaque fois qu'il y ait des soubresauts dans le landerneau politique. 

L'ancrage du mouvement du renouveau démocratique dans le département de Linguère en 1998 avait fait délier les langues à l'époque. Avec mesure et modération, il a tiré les enseignements de cette déconvenue et a tourné la page. Sa retraite politique était vite annoncée, mais il n'a jamais accepté d’atteindre le zénith de sa carrière, par conviction et par fidélité au parti socialiste, sa « sève nourricière ». 

Que la terre de Kamb lui soit légère et que Dieu l’accueille dans son paradis.

 Demba Arame NDIAYE- Journaliste



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