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En Côte d’Ivoire, le parti d’Alassane Ouattara reste la première force du pays

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En Côte d’Ivoire, le parti d’Alassane Ouattara reste la première force du pays
Mission accomplie pour Alassane Ouattara. Avec 137 sièges de députés remportés sur les 254 en jeu, le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), le parti du président ivoirien, préserve sa majorité absolue à l’Assemblée nationale, selon les résultats publiés mardi 9 mars par la Commission électorale indépendante (CEI).

Organisée quelques mois après une présidentielle entachée de violences, l’élection, qui a mobilisé officiellement 37,88 % des votants, s’est déroulée dans un « climat relativement apaisé nonobstant quelques incidents çà et là », a indiqué l’ONG ivoirienne Indigo. Samedi, à Abidjan, les bureaux de vote peinaient à attirer les électeurs, surtout les plus jeunes d’entre eux.

La participation, de l’ensemble des formations politiques ivoiriennes – une première depuis l’an 2000 –, promettait pourtant un scrutin très disputé. Et ce d’autant plus qu’aux candidats issus des trois partis historiques, se sont ajoutés plus de 700 candidats indépendants. Parmi eux, 26 vont faire leur entrée à l’Assemblée nationale. Un groupe hétérogène qui sera sans doute très courtisé par les deux camps.

L’opposition n’a pas perdu la face

Pour l’emporter, le président ivoirien a poussé ses ministres à se jeter dans la bataille, conditionnant leur maintien au gouvernement à une victoire dans leur circonscription respective. Si la partie septentrionale du pays d’où est originaire Alassane Ouattara a voté sans surprise pour les candidats du RHDP, la formation au pouvoir peut aussi se targuer de quelques belles victoires sur les terres méridionales de l’opposition.

« En raflant la circonscription de Yamoussoukro – la capitale – et en s’implantant dans des régions comme celle du Sud-Comoé qui lui était autrefois hostile, le RHDP montre qu’il est devenu un parti national, et bel et bien la première force politique de Côte d’Ivoire », estime Arthur Banga, enseignant-chercheur à l’université Félix-Houphouët-Boigny d’Abidjan.

De son côté, l’opposition ivoirienne n’a pas pu empêcher la « consolidation d’un pouvoir absolu » du président, objectif qu’elle s’était fixé avant le scrutin, mais elle n’a pas pour autant perdu la face. Prolongeant leur alliance scellée en amont de l’élection présidentielle, le Parti démocratique de la Côte d’Ivoire (PDCI) et le Front populaire ivoirien (FPI) tendance Laurent Gbagbo, réunis dans la coalition Ensemble pour la démocratie et la souveraineté (EDS), ont remporté ensemble plus de 80 députés. Les autres partis d’opposition se partagent 10 sièges.

Ancrage institutionnel de Gbagbo

Le PDCI de l’ancien président Henri Konan-Bédié résiste et conserve son sanctuaire au centre du pays tout en régnant sur la moitié d’Abidjan. Côte FPI, le pari est moins réussi tant « le retour imminent du président Gbagbo laissait augurer un raz-de-marée dans ses bastions historiques du Sud et de l’Ouest », observe Arthur Banga. Il n’empêche, avec un groupe de députés fidèles, Laurent Gbagbo bénéficie d’un ancrage institutionnel important pour aborder son retour. Dans un message posté sur Facebook, l’ex-président, qui attend toujours que la Cour pénale internationale se prononce sur un éventuel procès en appel, a « salué le peuple de Côte d’Ivoire » pour cette élection et a conclu son message par un « à bientôt » qui a ravi ses partisans.

Seule ombre au tableau pour le président Ouattara, l’absence de son premier ministre, Hamed Bakayoko. Réélu in absentia dans sa circonscription de Séguéla, dans le nord du pays, celui qui est également ministre de la défense est soigné depuis le 18 février en Europe. Selon de nombreuses sources, son état serait jugé « très préoccupant ».

Lundi, le président Ouattara a nommé l’actuel secrétaire général de la présidence, Patrick Achi, premier ministre par intérim. Cet ancien ministre du PDCI, fils d’un père ivoirien et d’une mère bretonne, a su gagner la confiance du président ces dernières années. Au ministère de la défense, c’est au frère cadet du président, Téné Birahima Ouattara, dit « Photocopie » en raison de sa ressemblance avec le président, que revient la mission de gérer l’armée.

Yassin Ciyow (Abidjan, Correspondance)


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